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 La cabane de gardian

Habitat typique de la Camargue au XIXème siècle, elle servait de logement aux ouvriers agricoles. Elles s’apparentent aux cabanes de roseaux présentes sur tout le littoral languedocien et roussillonnais. Les cabanes camarguaises sont fabriquées en matériaux végétaux disponible localement comme le roseau (le sagne), très utile pour son faible coût, les matériaux nobles étant réservés à la construction des mas, résidence des éleveurs. Les cabanes servaient aussi de logements aux pêcheurs, bergers, vanniers et sauniers.

La longueur de la cabane est orientée vers le nord afin qu’elle n’offre pas de résistance au vent et notamment au mistral. Elle ne dispose d’aucune fondation et son sol est en terre battue. Les murs bas sont blanchis à la chaux et laissent paraître quelques ouvertures étroites, ce qui permet de protéger les habitants du soleil. La forte pente de sa toiture à deux versants en roseau permet un bon écoulement de l’eau de pluie. Elle ne dispose pas de cheminées mais d’un foyer central sans hotte. Un simple trou dans la toiture permet d’évacuer la fumée.

Il n’existe plus d’anciennes cabanes visibles mais seulement des répliques modernisées qui servent de gîtes, chambres d’hôtes ou de restaurants pour les touristes et vacanciers. Son architecture est toujours appréciée pour le plaisir de voir perdurer la tradition et pour son adaptation aux conditions climatiques rudes de la Camargue.

 Les traditions Taurines

Les traditions taurines sont un aspect très marquant de la culture régionale…

Typique du midi, la course camarguaise est un jeu taurin sans mise à mort qui se déroule dans les arènes. Le but du raseteur (tout vêtu de blanc) est d’attraper à main nu les attributs accrochés sur la tête du taureau. Ils sont au nombre de trois et doivent être attrapés dans l’ordre suivant : la cocarde (ruban rouge fixé entre les cornes), les glands (pompon de laine blanche accroché à la basa de chaque corne), puis les ficelles qui entourent la base des cornes. Les raseteurs utilisent un crochet à 4 branches, parfois fixé au poignet. Une fois la prise, le taureau poursuit le raseteur dans l’arène, n’hésitant pas à foncer dans les barrières, voir essayer de les sauter, faisant frémir la foule. La course se fait sans mise à mort, il n’est pas question de blesser l’animal. Les courses camarguaises célèbrent le courage des taureaux et l’agilité des raseteurs. Le taureau de Camargue ou « cocardier » est en effet plus malin, plus nerveux et plus rapide que son cousin espagnol, le taureau de combat. Le cocardier se prend au jeu et progresse au fil des courses. Il devient donc plus difficile à raseter. Certains deviennent même de vraies stars locales. A leur mort, la tradition veut qu’il soit enterré debout, la tête tournée vers la mer.

L’Abrivado est une pratique très ancienne qui consistait à conduire les taureaux des pâturages aux arènes ou les bêtes devaient participer à des courses. Une escorte de cavaliers accompagnait les taureaux (le biou en provençal) afin d’assurer leur sécurité. Au fil du temps les gardians ont pris pour habitude de traverser les rues des villages à vive allure pour empêcher les jeunes villageois de troubler le convoi. En effet ces derniers se jouaient des taureaux, lesquels s’échappaient fréquemment du troupeau. De nos jours, les Abrivados sont organisés pour les fêtes et participent au folklore du village.

La Bandido est le trajet inverse, le retour au char et marque la fin du spectacle.

Encierro est un mot d’origine espagnole qui se traduit par « enfermer ». On désigne par là, l’enfermement des taureaux aux corrals (cours généralement attenantes aux arènes), dans lesquelles ils seront gardés jusqu’au jour de la corrida. Dans le midi, l’encierro est un lâcher de taureaux sur un parcours clos à l’intérieur du village, dans une rue fermée à ses deux extrémités par des charrettes et des barrières, ou sur une place publique dont les accès sont fermés de la même manière.

 Le pèlerinage

Tous les ans depuis le Moyen-âge, a lieu aux Saintes-Maries de la Mer le grand pèlerinage des gitans. L’histoire du pèlerinage se mélange avec l’histoire de la ville elle-même, célèbre par sa tyradition d’accueil des gitans. Selon la légende, les trois Maries (Marie-Jacobé, Marie-Salomé et Marie-Madeleine) furent chassées de Palestine et placées dans une barque sans voile ni rame. Poussées par les courants, elles s’échouèrent en 48 sur les rivages du Delta du Rhône à l’endroit de la ville actuelle. Là elles auraient été accueillies sur le rivage par Sara la noire, campant avec sa tribu sur les rivages du Rhône. D’autres histoires racontent que Sara était la servante égyptienne des trois Maries et qu’elle aurait fait partie du voyage en barque. A leur mort, un culte se répandit, confirmé par la construction de l’église-forteresse au XIIème siècle. Sainte Sara devint la patronne des gitans qui lui vouent un culte depuis de très nombreuses années.

Le pèlerinage est à la fois une manifestation chrétienne mais aussi un phénomène touristique exceptionnel. A cette occasion, les gitans viennent de toutes l’Europe pour ce rendez-vous sacré. La foule envahit le village et conduit les reliques des Saintes à la mer pour une bénédiction purificatrice. L’immersion de Sainte Sara précède d’un jour les autres et sa statue est immergée jusqu’à mi-corps. Le rituel d’immersion est caractéristique de la civilisation provençale, et de sa crainte de la Méditerranée. Le pèlerinage offre aussi un vrai spectacle en ville et donne l’occasion d’écouter de nombreux musiciens guitaristes de flamenco, de voir danser les gitanes mais aussi de se faire lire les lignes de la main. La présence des Arlésiennes et des gardians permet aussi d’admirer les costumes traditionnels Camarguais.

 La croix de Camargue

Créée en 1924, la croix de Camargue représente l’esprit camarguais et ses valeurs. Elle représente à elle-seule la « Nation camarguaise » car elle associe symboliquement les gardians, les pêcheurs et les Saintes Maries.

Elle se compose de trois éléments représentant :

  1. la Foi par les tridents en croix des gardians
  2. l’Espérance par l’ancre des pêcheurs
  3. la Charité par le cœur des Saintes Maries

 Le costume 

Le costume masculin était traditionnellement porté par les paysans ou les artisans. Il tire son origine d’un costume citadin. Le décalage avec le temps en fait son originalité, en effet ce type de costume étant délaissé depuis longtemps par les bourgeois des villes. Il se compose d’une culotte à la française avec des bas ou guêtres, d’un gilet et d’une jaquette. Le seul élément ayant perduré dans le temps est la taillolle, cette ceinture de laine rouge portée à la taille. 

Le costume traditionnel des gardians a lui été instauré dans les années 1920. Le gardian porte le pantalon en peau de taupe et la chemise colorée pour monter à cheval. Lors des grandes occasions, il revêt la veste de velours noir, la cravate et le chapeau à larges bords.

Le costume féminin dit des Arlésiennes nous provient directement de la période Louis XV. Il est porté par les femmes de toutes conditions dans toute la Provence mais est tout droit inspiré du costume Camarguais. Les jeunes filles portent le costume de Mireille c'est-à-dire une jupe et un corsage simple. Dès l’âge de 16 ans, elles peuvent enfin revêtir le vrai costume d’Arlésienne. La coiffe spéciale nécessite de longs cheveux. Selon le jour de la semaine et les tâches à accomplir, elle peut être relevée sur le sommet de la tête et tenue par un ruban, une cravate ou un nœud en dentelle. Le costume se compose d’une chapelle (dentelle en forme de trapèze recouvrant la poitrine), d’un grand châle carré et d’une robe longue en satin de différentes couleurs et pincée à la taille. Les Arlésiennes agrémentent leur costume de nombreux apparats : tour de cou en argent, différentes croix provençales en or, bracelets en or massif ornés de diamants et de bagues avec pierres précieuses. Seules les femmes mariées peuvent porter des boucles d’oreille. Toutes ces dorures sont transmises de génération en génération.

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